Dans le document ci-dessus publié en 1854, nous lisons


...Cette eau minérale était à peine connue avant 1836 ; jusque là elle avait été utilisée exclusivement par quelques malades de la commune ou de la région du Forez, qui venaient boire à la source et par quelques initiés pour lesquels elle était conservée religieusement dans des bouteilles.

Le Colonel du Patural, de Poitiers, en était alors le propriétaire, et chaque année il en rapportait quelques casiers pour son usage personnel ; c’est à sa table que le Docteur Carré put l’apprécier pour la première fois.

Surpris par son goût agréable, le docteur soumit l’eau à une analyse précise et détaillée ; il trouva spécialement dans cette eau la présence d’une large proportion de ...gaz carbonique. Aussi, en concluant à partir des résultats obtenus dans son laboratoire et aussi de ses souvenirs gustatifs, il dit « nous croyons que nous pouvons considérer l ‘eau de Grandrif comme rafraîchissante, apéritive, diurétique, utilisée avec succès en cas de fragilité de l’estomac, digestive...

Une analyse plus complète fut entreprise par un panel d’éminents spécialistes concluant que l’eau de la Jarpe était de la plus haute qualité et remarquable pour soigner les maladies intestinales.
Le fils du Colonel de Patural commença l’exploitation commerciale de l’eau. Il obtint l’autorisation de mettre l’eau sur le marché au commencement de l’année 1854. Il engagea les services d’un notaire de St Anthème, M. Chénereilles, qui, à son tour, prit un associé de Lyon, M. Assada, et la vente de l’eau en bouteilles de verre commença en 1854. Deux édifices furent construits : le premier pour capter l’eau, le second, une maison servant également pour la mise en bouteilles. Les bouteilles de verre et leur indispensable bouchon à vis pour conserver le gaz sous pression furent largement distribuées et arrivèrent même jusqu’en Afrique du Nord
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Quand je me suis rendu sur les lieux en 2012, la source était encore accessible. Depuis lors, l’association « les Amis de Grandrif » a initié un projet pour restaurer le site comme attraction touristique avec de l’eau de la Jarpe disponible pour la consommation.




(La maison occupée par les propriétaires du site, maintenant en ruines, fut souvent la scène de rassemblements festifs).

Le suicide de M. Chénereilles, seulement 8 ans après le début de l’exploitation commerciale et la mort de M. Assada marquèrent le commencement d’un constant déclin dans le destin de la compagnie. Les héritiers vendirent la source de la Jarpe et les ventes déclinèrent en même temps que les bâtiments tombèrent peu à peu en ruine.

Le travail effectué en 2018 par les « Amis de Grandrif » a permis de dégager le tuyau d’arrivée d’eau.